Chaque année, les amendes routières rapportent des centaines de millions d’euros en Belgique. Un montant qui alimente régulièrement les débats : sert-il vraiment à améliorer la sécurité routière et l’état des routes, ou rejoint-il surtout les caisses générales de l’État ? Une récente réponse parlementaire permet d’y voir plus clair.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. En 2024, les automobilistes belges ont payé près de 577 millions d’euros d’amendes routières. Cette somme est le reflet d’une augmentation continue des infractions :
9,2 millions d’infractions au Code de la route en 2024
dont plus de 7,6 millions pour excès de vitesse
soit une hausse de +6,7 % par rapport à 2023
dès juin 2025, plus de 5 millions d’infractions étaient déjà enregistrées
Ces données proviennent des statistiques des services fédéraux, notamment du SPF Justice.
Face à ces montants, le député Frédéric Daerden a interrogé le gouvernement sur l’utilisation réelle de cet argent.
Toutes les amendes ne relèvent pas du même niveau de pouvoir, et cela change beaucoup de choses.
43 % des infractions sont fédérales
(autoroutes, alcool, téléphone au volant, infractions graves)
57 % concernent les routes régionales et locales
299 millions € (52 %) → État fédéral
279 millions € (48 %) → Régions
Cette différence s’explique par la gravité des infractions : les amendes fédérales sont en moyenne plus élevées. Autre point important :
👉 les recettes ne dépendent pas du nombre de PV dressés localement, ce qui évite toute logique de “chasse au rendement” pour les zones de police.
Sur les montants perçus par l’État fédéral :
80 % sont versés au Fonds de la sécurité routière
20 % alimentent le Trésor fédéral
Le fonds finance notamment :
la police fédérale et locale
les radars et leur entretien
des projets de prévention
certaines actions du SPF Mobilité et de la Justice
Les 279 millions € régionaux se répartissent comme suit :
Flandre : 154 millions €
Wallonie : 95 millions €
Région de Bruxelles-Capitale : 29 millions €
En Wallonie, une partie est clairement fléchée :
43 millions € vers la sécurité routière (fonds FISIR)
57 millions € vers le budget général, notamment pour l’entretien des routes
En Flandre et à Bruxelles, en revanche, aucune affectation automatique n’impose que ces recettes servent exclusivement à la sécurité routière ou à la rénovation des voiries. Elles sont intégrées au budget global puis redistribuées selon les priorités politiques.
Respecter le Code de la route, ce n’est pas seulement éviter une amende : c’est contribuer à une circulation plus sûre. Mais comprendre où va l’argent des sanctions permet aussi aux futurs conducteurs de mieux saisir les enjeux de la sécurité routière et de l’entretien des infrastructures.