La future norme Euro 7 s’annonce comme l’une des réformes environnementales les plus ambitieuses du secteur automobile européen. Pensée pour aller plus loin que l’Euro 6, elle vise à réduire drastiquement certaines émissions polluantes — mais soulève déjà de vives inquiétudes chez les constructeurs. Calendrier, nouvelles exigences, conséquences possibles pour les automobilistes : on fait le point.
La norme Euro 7 est un cadre réglementaire proposé par la Commission européenne pour resserrer les seuils d’émissions des véhicules vendus en Europe. Elle concerne tous les types de véhicules : voitures particulières, utilitaires, camions et autobus — y compris l’électrique.
L’ambition est double :
réduire davantage les polluants nocifs (NOx, particules fines, CO)
mieux refléter les conditions réelles d’utilisation, avec des tests plus exigeants (températures extrêmes, trajets courts)
Autre nouveauté majeure : Euro 7 ne se limite plus à l’échappement. Les freins et les batteries entrent aussi dans le champ des exigences.
Voici les changements clés attendus avec Euro 7 :
NOx (oxydes d’azote)
plafond unique à 60 mg/km pour essence et diesel
–35 % d’émissions pour les véhicules légers
Particules fines
–13 % à l’échappement pour voitures et camionnettes
–27 % pour les particules issues des freins
jusqu’à –39 % pour camions et bus
Monoxyde de carbone (CO)
plafond abaissé à 500 mg/km (contre 1.000 mg/km en Euro 6)
Poids lourds (entrée en vigueur plus tardive)
exigences à partir de 2027
réduction NOx jusqu’à –56 % selon le cycle de démarrage
Tests plus stricts
températures de –10°C à +45°C
essais sur trajets courts (3.000 à 10.000 km)
Électrique & hybrides rechargeables
batteries devant conserver 80 % de capacité à 5 ans / 100.000 km
70 % au-delà de 7–8 ans / 160.000 km
proposition dévoilée en novembre 2022
entrée en vigueur initialement prévue au 1er juillet 2025
un report a été évoqué en 2023 lors de discussions ministérielles
la validation finale dépend du Parlement européen
Les industriels jugent le calendrier trop serré, notamment parce que :
les investissements sont déjà massifs dans l’électrification
adapter les moteurs thermiques coûterait cher pour une durée de vie courte
Ils redoutent :
un retard de l’électrification des gammes
une hausse des prix :
jusqu’à +2.000 € par voiture (voire +5.000 € sur certains modèles)
un risque de contraction du marché européen (–5 à –7 %)
La Commission se montre plus optimiste :
surcoût estimé à 90–150 € pour un véhicule léger
environ 2.700 € pour les véhicules lourds
👉 Le débat reste ouvert : coûts réels, délais et acceptabilité seront décisifs.
Euro 7 rappelle que la réglementation automobile évolue vite. Pour les futurs conducteurs, comprendre ces normes aide à anticiper le coût d’un véhicule, sa durabilité et les contraintes environnementales qui influencent désormais le marché.