Depuis vingt ans, les ronds-points se sont imposés dans le paysage belge :
pour réduire la gravité des accidents
pour fluidifier le trafic aux intersections
pour forcer mécaniquement les conducteurs à ralentir
pour simplifier les carrefours complexes
On estime aujourd’hui qu’il existe environ 9.000 ronds-points, dont 2.700 en Flandre et plus de 6.000 en Wallonie, mais ce chiffre est clairement sous-estimé : jusqu’à 30 % des communes ignorent l’état précis de leurs infrastructures. En incluant les installations locales, le total réel pourrait largement dépasser le double.
L’idée de fond : remplacer des carrefours à feux, jugés moins sûrs et moins fluides, par un dispositif qui limite la vitesse moyenne et réduit mécaniquement l’énergie d’impact en cas de collision.
Les études disponibles affichent des résultats tangibles :
👉 –16 % de victimes en Wallonie et –28 % en Flandre lorsqu’un carrefour à feux est remplacé par un rond-point.
Ces chiffres démontrent que l’infrastructure compense une partie des erreurs humaines, même si elle ne supprime ni l’alcool, ni la distraction, ni le non-respect des signaux.
Autre effet mesurable :
un rond-point évite les accélérations brutales pour franchir un feu vert
il impose un ralentissement continu
il limite la puissance cinétique lors d’un choc
En revanche, les accidents recensés dans les giratoires proviennent souvent d’entrées trop rapides, entraînant des pertes de contrôle isolées.
Les usagers vulnérables restent exposés : motos et cyclistes représentent plus de 37 % des victimes, faute de lisibilité, d’anticipation et… de clignotants.
Une enquête de l’AWSR menée auprès de 1.000 conducteurs montre que :
seulement 1 automobiliste sur 10 sait qu’il peut choisir sa bande avant d’entrer
près de 20 % pensent à tort qu’ils peuvent sortir depuis la bande intérieure
certains imaginent pouvoir s’engager même si quelqu’un circule déjà dans l’anneau
La règle belge (clignoter uniquement en sortant) est connue, mais trop minimaliste. Résultat : peu de communication, beaucoup d’ambiguïtés et des décisions risquées.
D’autres modèles, comme en France, demandent d’indiquer aussi son intention dans l’anneau. Une logique plus lisible, plus anticipative, et sans doute plus sécurisante.
👉 Le sujet mériterait d’être ouvert, notamment auprès d’experts ou d’organismes comme VIAS.
Pour approfondir le débat : voir les travaux accessibles sur vias.be.